Sacrifier

Définition de « Sacrifier »

sacrifier (v. tr.) : Offrir quelque chose à Dieu avec certaines cérémonies, pour lui rendre un hommage souverain.
  • Sacrifier des victimes, un taureau, un agneau.
  • Abraham consentit à sacrifier son propre fils, pour obéir à Dieu.

Absolument,.

  • Abraham alla sacrifier sur la montagne.
  • Les prêtres des Juifs avaient seuls le droit de sacrifier dans le temple.

Il se dit aussi en parlant des Sacrifices offerts aux idoles, aux fausses divinités.

  • Socrate mourant demanda que l'on sacrifiât un coq à Esculape.

Absolument,.

  • Il refusa de sacrifier aux idoles, aux faux dieux.

Fig.,

  • Sacrifier aux Grâces, Mettre de la grâce dans ses manières, dans ses discours, dans son style.
  • Fig.,
    • Sacrifier aux préjugés, à la mode, au goût de son siècle, Se conformer par faiblesse, par complaisance excessive, à ce que veulent les préjugés, la mode, le goût régnant.
    • signifie encore Abandonner volontairement quelque chose, y renoncer, pour l'amour de Dieu ou en considération d'une personne, d'une chose.
      • Sacrifier à Dieu sa haine, son ressentiment, sa vengeance.
      • Il a sacrifié ses intérêts à son ami.
      • J'ai tout sacrifié pour vous.
      • Il a sacrifié sa vie pour son pays.
      • Se sacrifier pour quelqu'un, Se dévouer à lui sans réserve, souffrir tout pour son service, pour l'amour de lui.
      • Je me suis sacrifié pour vous.
      • Se sacrifier pour la patrie.
      • Sacrifier une chose, une personne à une autre, Perdre, délaisser une chose, une personne en faveur d'une autre.
      • J'ai sacrifié mes plus légitimes ambitions à mon repos.
      • Cet architecte sacrifie la solidité à l'élégance.
      • Il m'a sacrifié à mes pires ennemis.
      • Sacrifier tout son temps, tout son loisir à quelque chose, Y employer tout son temps, tout son loisir.
      • Sacrifier son repos, son bonheur, etc.
      • , à celui d'un autre, Renoncer au repos, au bonheur, etc.
      • , pour assurer le repos, le bonheur de quelqu'un.
      • Sacrifier tout à ses intérêts, Faire céder toutes choses à ses intérêts, préférer ses intérêts à tout.
      • On dit de même :.
      • Sacrifier tout à sa passion, à son ambition, à sa vengeance, etc.

      On dit également :.

      • Sacrifier quelqu'un à son ambition, à son ressentiment, etc.

      Absolument,

      • Sacrifier quelqu'un, Le rendre victime de quelque dessein ou de quelque intérêt.
      • Ce général, ce ministre a été sacrifié.
      • On a sacrifié ce subalterne pour sauver l'honneur d'un homme puissant.
      • On a sacrifié inutilement les meilleures troupes.

      Le participe passé
      s'emploie comme adjectif.

      • Un rôle, un personnage sacrifié, Un rôle, un personnage peu important.

      • Citations

        • « La présence de sa fille, âgée alors de quatre à cinq ans, la força de songer à sa propre conservation, et de ne pas se sacrifier à sa douleur ; mais les six heures d’angoisse et de désespoir qu’elle passa, cette nuit-là, au bord de la Saône, par le vent et l’humidité, eurent une action immédiate sur sa vue : elle la perdit spontanément, sous l’influence d’une goutte sereine, et elle était aveugle quand on lui annonça qu’une barque, qui traversait le fleuve, avait été brisée et coulée à fond par le choc d’un arbre déraciné, et que deux ou trois personnes s’étaient noyés.  »
        • « Il faut donc à la fois qu'un des degrés de l'instruction commune rende capables de bien remplir toutes les fonctions publiques les hommes même d'une capacité ordinaire, et qu'un autre n'exige qu'aussi peu de temps que peut en sacrifier à l'étude l'individu destiné à la branche la plus resserrée d'une profession mécanique, afin qu'il puisse échapper à la stupidité, non par l'étendue, mais par le choix et la justesse des notions qu'il recevra.  »
        • « Les difficultés sont dans la manière d’ordonner dans le tout, ce tout subalterne, de sorte qu’il n’altère point la constitution générale en affermissant la sienne ; qu’il distingue toujours sa force particulière, destinée à sa propre conservation, de la force publique, destinée à la conservation de l’Etat, et qu’en un mot il soit toujours prêt à sacrifier le gouvernement au peuple, et non le peuple au gouvernement.  »
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