Haleine

Définition de « Haleine »

haleine (n. f.) : Le souffle de la respiration, l'air attiré et repoussé par les poumons.
  • Avoir l'haleine fraîche comme celle d'un enfant.
  • Avoir l'haleine forte.
  • Haleine de malade.
  • Cela gâte l'haleine.
  • Ternir un verre, un miroir avec son haleine.
  • Se réchauffer les doigts avec son haleine.
  • Retenir son haleine.
  • Avoir mauvaise haleine, Avoir une haleine d'une odeur désagréable dénotant un mauvais état général.
  • Poétiq.

  • L'haleine des vents, Le souffle des vents.
  • Il se dit aussi de la Faculté de respirer.

    • Perdre haleine.
    • Être hors d'haleine.
    • Se mettre hors d'haleine.
    • Il chante, il rit à perdre haleine.
    • Courir à perte d'haleine.

    Fig.,

    • Faire des discours, tenir des discours à perte d'haleine, Faire des discours vains et vagues, et d'une longueur importune.
    • Prendre haleine, Respirer à son aise; et, figurément, Se reposer pour prendre ses forces.
    • Reprendre son haleine, Recommencer à respirer après une interruption accidentelle plus ou moins longue; et, figurément,.
    • Reprendre haleine, Se reposer pour se mettre en état de recommencer à parler, à marcher, à travailler, etc.
    • Donner haleine à son cheval, Le mener quelque temps au pas, après l'avoir mené au galop.
    • Il se dit encore de la Faculté d'être un certain temps sans respirer.
      • Il faut qu'un plongeur, qu'un coureur ait beaucoup d'haleine.
      • Cet orateur, ce lecteur a beaucoup d'haleine.
      • Ce cheval a beaucoup d'haleine.
      • Il n'a point d'haleine.
      • Boire un grand coup tout d'une haleine, Le boire tout d'un trait, sans reprendre haleine.
      • Réciter, débiter une tirade, un discours, etc.

    • , tout d'une haleine, Sans se reposer et sans que la mémoire hésite.
    • Fig.,

      • Tout d'une haleine, Sans intermission.
      • J'ai écrit ces pages tout d'une haleine.
      • Courte haleine, Essoufflement, respiration difficile et fréquente.
      • Avoir la courte haleine.

      On dit aussi.

      • Avoir l'haleine courte.

      Fig.,

      • Cet auteur a l'haleine courte, Il n'a pas d'abondance, il est bientôt à bout d'idées.
      • Fig.,
        • Affaire, ouvrage de longue haleine, Affaire qui demande beaucoup de temps pour arriver à sa conclusion, ouvrage qui demande un long effort de composition.
        • Cette négociation sera une affaire de longue haleine.
        • Un poème épique est un ouvrage de longue haleine.

        , En exercice, en habitude de travailler, de faire bien et facilement quelque chose. Il se dit des Exercices du corps et de ceux de l'esprit.

        • Il faut tenir les soldats en haleine.
        • Mettre, tenir un cheval en haleine.
        • Quand on veut être bon chasseur, il faut se tenir en haleine.
        • Il fait quelques vers par-ci, par-là, pour se tenir en haleine.

        Fig. et fam.,

        • Tenir quelqu'un en haleine signifie quelquefois Tenir quelqu'un dans un état d'incertitude mêlé d'espérance et de crainte.
        • Être en haleine, Être en train de faire quelque chose.
        • Il faut achever cette besogne tandis que les ouvriers sont encore en haleine.
        Il signifie aussi Être en disposition de faire quelque chose.

        Citations

        • « Mais, tout en adressant aux deux charmantes sœurs les plus tendres hommages, elles portaient sans cesse leurs regards sur Adrienne, qui, retirée dans un coin et surchargée de la plus riche toilette, disait à sa mère en souriant avec dédain : Comment se peut-il que mesdemoiselles de Saint-Marc, filles d’un colonel du génie, se compromettent au point de se mêler parmi les paysannes, de toucher leurs mains noires et gercées, de respirer leur haleine qui sent l’ail, de se laisser presser dans ces gros bras, dont la peau, noircie par le soleil, doit tacher leurs robes, leurs ceintures ?  »
        • « Enfin, il s’avança jusqu’à la fenêtre, multipliant sourires et saluts, son violon sous le bras, son chapeau à la main, puis, avec une volubilité étourdissante, sans jamais reprendre haleine, il nous débita un boniment interminable dans lequel il énuméra ses divers talents, les ressources des arts multiples qu’il mettait à notre service, les curiosités et les divertissements qu’il était à même de nous montrer, si nous lui en donnions l’ordre.  »
        • « Cette seconde partie du poème avait été chantée avec tant de passion et d’entraînement par Lucius, que toutes les femmes écoutaient avec une émotion puissante : Acté surtout, comme Médée, prise du frisson ardent de l’amour, l’œil fixe, la bouche sans voix, la poitrine sans haleine, croyait écouter sa propre histoire, assister à sa vie dont un art magique lui représentait le passé et l’avenir.  »
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