Gagner

Définition de « Gagner »

gagner (v. tr.) : Acquérir par son travail, par son initiative ou par l'effet des circonstances, du hasard.
  • Un bon ouvrier peut gagner tant par jour.
  • Une si forte somme ne se gagne pas en un jour.
  • Il a gagné gros dans cette affaire.

On l'emploie souvent absolument.

  • Je ne gagne pas sur ce marché.
  • C'est un métier où l'on gagne bien.

Par analogie,.

  • Gagner sa vie, Gagner de quoi vivre.
  • Il gagne largement sa vie.
  • Il a bien de la peine à gagner sa vie.
  • Gagner sa vie à donner des leçons, à faire des copies, à promener des étrangers.

On dit, dans le même sens,.

  • Gagner son pain à la sueur de son front.

Fig. et fam.,

  • N'est pas marchand qui toujours gagne.

On doit s'attendre à des contrariétés et à des vicissitudes dans les affaires de la vie.
Il se dit aussi en parlant du Gain que l'on fait au jeu, aux loteries ou dans un tirage financier.

  • Il a gagné deux cents francs à l'écarté.
  • Gagner à la loterie.
  • Gagner le gros lot.

Par extension,

  • Telle carte gagne signifie Celui qui a cette carte gagne.
  • Tel billet, tel numéro gagne, Il est échu un lot à tel billet, à tel numéro.
  • Gagner quelqu'un, Lui gagner son argent au jeu.
  • Cet homme-là me gagne toujours.
  • Je n'ai jamais pu le gagner.

Il est familier.

  • Jouer à qui perd gagne, Jouer à un jeu où l'on convient que celui qui perdra selon les règles ordinaires gagnera la partie.
  • Cela se dit, figurément et familièrement, lorsqu'un désavantage apparent procure un avantage réel.

Il signifie encore Obtenir, remporter quelque chose que l'on désire.

  • Il a gagné le prix.
  • Vous ne gagnerez rien à lui tenir ce langage.
  • Je n'ai pu le décider : voyez si vous y pourrez gagner quelque chose.
  • Vous vous tourmentez inutilement pour cette affaire, vous n'y gagnerez rien.

Ironiquement, dans le sens de Ce qui est contraire à un avantage,.

  • Je me souviendrai de ce voyage, j'y ai gagné un bon rhume.
  • Il n'y a que des coups à gagner.

Il signifie particulièrement Remporter un avantage dans une lutte ou un débat quelconque; et alors le complément direct indique l'espèce de lutte ou de débat.

  • Gagner une bataille, la bataille.
  • Gagner sa cause.
  • Gagner son procès.
  • Gagner une gageure, un pari.
  • Gagner la partie.

Par extension,

  • Gagner son procès signifie Avoir gain de cause, même quand il ne s'agit pas d'une affaire portée devant les juges.
  • Fig. et fam.,
    • Donner gagné se dit d'une Personne qui reconnaît que son adversaire l'emporte, qu'il a gagné.
    • Je vous donne gagné.

    On dit dans un sens analogue.

    • Donner cause gagnée.
    • Avoir cause gagnée.

    On dit aussi.

    • Donner ville gagnée.
    • Avoir ville gagnée.

    Il se joint quelquefois avec la préposition SUR, pour marquer sur qui l'on remporte l'avantage.

    • Il a gagné le prix sur un tel.

    Fig.,

    • Gagner quelque chose sur quelqu'un, sur l'esprit de quelqu'un.

    Lui persuader quelque chose, en obtenir quelque chose.

    • On dit de même.
    • Tâchez de gagner cela sur vous, Faites cet effort sur vous, faites-vous violence en cela, obtenez cela de vous.
    • J'ai gagné sur moi de n'y plus penser.
    • J'ai gagné sur lui qu'il ne la reverrait pas.
    • Gagner du temps, Faire quelque chose en moins de temps que par un autre moyen.
    • En prenant l'avion au lieu du train, vous gagnez du temps.
    • Gagner du temps signifie ainsi Différer quelque chose le plus longtemps possible, parce qu'on y voit un avantage.
    • L'important en cette affaire est de gagner du temps.
    • Il fit mille chicanes pour gagner du temps.
    • Gagner bien ou.
    • Bien gagner signifie aussi figurément Mériter.
    • Il l'a bien gagné.
    • Il gagne bien l'argent qu'on lui donne.
    • Il gagne bien son argent.

  • Gagner le ciel, gagner le paradis, Mériter d'aller dans le ciel, d'aller en paradis.
  • Gagner le jubilé, les indulgences, Mériter les grâces qui y sont attachées.
  • Il se dit aussi en parlant des Avantages, des qualités qu'une personne ou qu'une chose acquiert.

    • Le langage perdit en naïveté ce qu'il gagnait en élégance et en finesse.
    • L'art ne gagne rien à ces innovations bizarres.

    Absolument,.

    • Ce jeune homme a gagné depuis que je ne l'ai vu.
    • Cette femme gagne à être vue aux lumières.
    • Cette statue gagne à être vue de ce côté.
    • Cette pièce de théâtre gagne beaucoup à la lecture.
    • Ce vin a gagné à vieillir.
    • Il gagne à être connu.

    Plus on le connaît, plus on l'estime.

    • Dans le sens contraire,.
    • Il ne gagne pas à être connu.

    Fig.,

    • Gagner du terrain, S'avancer, faire des progrès, se rapprocher du but.
    • Gagner quelqu'un de vitesse, Arriver avant lui, parce qu'on est allé plus vite.
    • Gagner l'ennemi de vitesse.

    On dit, en des sens analogues.

    • Hâtons-nous de rentrer, la nuit nous gagne.
    • Gagner quelqu'un de vitesse signifie aussi figurément Le prévenir, faire avant lui une visite, une démarche.
    • J'aurais souhaité obtenir cet emploi, mais il m'a gagné de vitesse.

    Fam.,

    • Gagner du chemin.
    • Gagner du pays.

    On dit aussi.

    • Gagner chemin, gagner pays, Avancer, faire du chemin, ou s'évader, s'éloigner, quitter un endroit.
    • Il est tard, gagnons chemin.
    • Gagnons pays.
    • Le maraudeur surpris gagna pays.

    Il est vieux.
    En termes de Marine,

    • Gagner le vent, le dessus du vent, Prendre le dessus du vent.
    • Fig. et fam.,
      • Gagner le dessus.

      Prendre l'avantage, avoir l'avantage, surmonter.

      • On dit plutôt aujourd'hui.
      • Prendre le dessus.

      Il signifie encore, figurément, Se concilier, se rendre favorable.

      • Gagner le cœur de quelqu'un.
      • Sa bonté lui gagne tous les cœurs.
      • Ce ton de franchise me gagna.
      • Gagner l'amitié, l'affection, la bienveillance, la confiance.
      • Gagner les bonnes grâces de quelqu'un.
      • Gagner les suffrages, les voix.
      • Il faut gagner cet homme-là, à quelque prix que ce soit, et l'avoir pour nous.
      • Gagner le geôlier.
      • Gagner les témoins.
      • Gagner quelqu'un à force d'argent.

    • Se laisser gagner, Céder à des promesses, à de l'argent.
    • Il signifie aussi Se diriger vers quelque endroit, et y arriver, y parvenir.

      • Gagner le rivage.
      • Gagner la haute mer, le large.
      • Il faut gagner la grande route pour arriver à ce village.
      • Il avait déjà gagné la frontière, lorsqu'on l'arrêta.

      On dit, dans un sens analogue,.

      • Gagner l'heure, Occuper le temps qui vous sépare d'une heure fixée d'avance.
      • Il est allé se promener pour gagner l'heure du déjeuner.

      Fam. et fig.,

      • Gagner au pied, gagner les champs, le taillis; gagner le large, S'enfuir.
      • Fam.,
        • Gagner la porte, Se diriger vers la porte pour sortir.
        • Il se dit surtout dans le sens de S'échapper.

        Fig.,

        • Ce cheval gagne à la main.

        Il précipite l'allure où l'on voudrait le maintenir.

        • Cet employé vous gagne à la main, Il prend des libertés, de l'indépendance.
        • Il se dit encore tant transitivement qu'intransitivement des Choses qui font du progrès, qui s'étendent, se propagent.
          • Le feu gagnait déjà la maison voisine.
          • Le feu a gagné jusqu'au toit.
          • L'eau a gagné le second étage, jusqu'au second étage.
          • La gangrène a gagné rapidement.
          • La contagion gagna plusieurs quartiers de la ville.
          • Ces idées gagnèrent la jeunesse, gagnèrent parmi le peuple.

          Il se dit quelquefois des Besoins, des maux qui se font sentir par degrés.

          • La faim me
          • gagne.
          • Le sommeil commençait à me gagner.
          • Le froid m'avait déjà gagné.

          En parlant des Maladies, il signifie Se communiquer, se propager.

          • La rougeole se gagne facilement La scarlatine se gagne.

          Figurément et par extension, en parlant de Certains sentiments,.

          • Sa tristesse me gagne.
          • L'ennui se gagne.

          Citations

          • « Chapitre 11 Néron passa le reste de la nuit dans l’insomnie et dans la crainte : il tremblait qu’Anicétus ne put rejoindre sa mère, car il pensait qu’elle n’avait fait que s’arrêter un instant à sa villa, et que ce qu’elle lui avait dit de sa souffrance et de sa faiblesse n’était qu’un moyen de gagner du temps, et de partir librement pour Rome : il la voyait déjà entrer résolue et hautaine dans sa capitale, invoquant le peuple, armant les esclaves, soulevant l’armée, et se faisant ouvrir les portes du sénat, pour demander justice de son naufrage, de ses blessures et de ses amis assassinés.  »
          • « Les courses de chars, sans être les jeux les plus antiques, étaient les plus solennels ; ils se célébraient en présence des images des dieux ; et, réunies pendant la nuit dans le temple de Jupiter qui s’élevait près de la porte de Léchée, c’est-à-dire vers la partie orientale de la ville, les statues sacrées devaient traverser la cité dans toute sa longueur, pour aller gagner le cirque qui s’élevait sur le versant opposé, et en vue du port de Crissa.  »
          • « Forcer les États européens à emprunter à vingt ou dix pour cent, gagner ces dix ou vingt pour cent avec les capitaux du public, rançonner en grand les industries en s’emparant des matières premières, tendre au fondateur d’une affaire une corde pour le soutenir hors de l’eaujusqu’à ce qu’on ait repêché son entreprise asphyxiée, enfin toutes ces batailles d’écus gagnées constituent la haute politique de l’argent.  »
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