Abattre

Définition de « Abattre »

(Il se conjugue comme BATTRE.) v. tr. Mettre à bas.
  • Abattre des maisons, des murailles, des arbres.
  • Abattre par le pied.
  • Il lui abattit le bras d'un coup de sabre.
  • Ces moissonneurs abattent tant d'arpents de blé en un jour.
  • Ces mineurs ont abattu tant de mètres cubes de minerai.
  • Abattre des quilles.
  • La pluie abat la poussière.
  • La violence du choc fut telle que l'arbre, que le mât s'abattit.

En termes de Marine,

  • Abattre un navire, l'abattre en carène, Le mettre sur le côté, pour travailler à la carène ou à quelque autre partie qui est ordinairement submergée.
  • En termes d'Art vétérinaire,
    • Abattre un chenal, un bœuf, Le renverser sur un lit de paille, quand il doit subir quelque opération.
    • Ce cheval est fougueux, on est contraint de l'abattre pour le ferrer.

    Aux jeux de Cartes,

    • Abattre son jeu, Le mettre sur la table pour le montrer.
    • On dit quelquefois absolument.
    • Abattre.

    Fig. et fam.,

    • Abattre de la besogne, Expédier en peu de temps beaucoup d'affaires, beaucoup de travail.
    • Prov.,
      • Petite pluie abat grand vent, Ordinairement, quand il vient à pleuvoir, le vent s'apaise.
      • Cette phrase signifie au figuré Peu de chose suffit quelquefois pour calmer une grande querelle.

      signifie aussi Assommer, tuer.

      • Ce chien était enragé : il a fallu l'abattre.

      Il signifie au figuré Affaiblir physiquement et moralement.

      • Une fièvre continue abat bien un homme.
      • Cette perte lui abattit le courage, abattit sa fierté.
      • La moindre affliction l'abat.
      • Rien n'abat comme une souffrance continuelle.
      • Ces deux nations, ces deux puissances sont ennemies, elles font leurs efforts pour s'abattre l'une l'autre.

      se dit particulièrement d'un Cheval à qui les pieds manquent et qui tombe tout d'un coup.

      • En galopant, son cheval s'est abattu sous lui.

      Il se dit aussi d'un Oiseau qui descend avec rapidité vers quelque but.

      • Une volée de pigeons s'abattit sur mon champ.
      • L'épervier s'abattit sur sa proie.

      On dit dans le même sens.

      • Un orage terrible va s'abattre sur nous.

    • Le vent s'abat, s'est abattu, est abattu, Il s'apaise, il est apaisé.
    • .
      Le participe passé
      , s'emploie aussi adjectivement.

      • À la suite de cette catastrophe, je l'ai trouvé bien abattu.

      Fig.,

      • Un visage abattu, Un visage où se peint l'abattement.

      • Citations

        • « Il eût été difficile de s’expliquer les mouvements et les brusques soupirs de cet homme ; son regard, chagrin et menaçant, qu’il arrêtait tantôt sur la vaste mer des Antilles, dont il semblait mesurer l’étendue, et que tantôt il jetait sur la ville, aurait pu faire penser qu’il était abîmé dans des rêves nostalgiques ; que son cœur était meurtri par le mal du pays, cet amour violent de la patrie absente que rien ne saurait abattre, qui fait encore trouver des larmes aux vieillards canadiens courbés sous le joug infamant de l’Anglais, rien qu’au seul nom de leur ancienne patrie, et qui leur fait parfois repousser avec dégoût les jeunes enfants de leur race, qui fatiguent leurs oreilles de la rude langue des vainqueurs.  »
        • « Il est vrai que nous ne voyons point qu'on jette par terre toutes les maisons d'une ville, pour le seul dessein de les refaire d'autre façon, et d'en rendre les rues plus belles; mais on voit bien que plusieurs font abattre les leurs pour les rebâtir, et que même quelquefois ils y sont contraints, quand elles sont en danger de tomber d'elles-mêmes, et que les fondements n'en sont pas bien fermes.  »
        • « Toute la nuit, personne n'avait essayé d'éteindre les flammes ou d'en arrêter le progrès ; mais, pour le moment, un détachement de soldats étaient sérieusement occupés à abattre deux maisons en bois qui étaient à chaque instant en danger de prendre feu, et qui ne pouvaient manquer, si on les laissait s'enflammer, d'étendre au loin l'incendie.  »
        Alphabet