Abandonner

Définition de « Abandonner »

abandonner (v. tr.) : Quitter, délaisser entièrement.
  • Les progrès de l'inondation le contraignirent d'abandonner sa maison.
  • Un soldat ne doit jamais abandonner son drapeau.
  • C'était un crime chez les Grecs d'abandonner son bouclier.
  • La mer a abandonné une partie de cette côte.
  • Abandonner une place, une province conquise.
  • Abandonner sa femme et ses enfants.
  • Vous m'avez abandonné dans le besoin.
  • Un enfant abandonné.

Prov.,

  • Il faut être bien abandonné de Dieu et des hommes pour faire telle chose, se dit d'une Personne qui prend un parti inattendu, étrange, désespéré, dont les suites peuvent lui être très nuisibles.
  • Ce père a abandonné son fils, l'a entièrement abandonné, Il ne prend plus aucun soin de lui, il ne s'en met plus en peine.
  • Par extension,
    signifie Négliger, cesser de visiter.
    • Depuis quelque temps, vous nous abandonnez.

  • Les médecins ont abandonné ce malade, Ils ont cessé de le voir, ou ils ne lui ordonnent plus rien, parce qu'ils désespèrent de sa guérison.
  • Il signifie aussi Laisser échapper.

    • Tenez ferme, n'abandonnez pas cette corde.
    • N'abandonnez pas les rênes de ce cheval.
    • N'abandonnez pas votre cheval.

    On dit dans un sens analogue.

    • Abandonner les étriers, Retirer les pieds de dedans les étriers.
    • Il s'emploie souvent figurément et signifie Ne pas poursuivre une chose, y renoncer.
      • Abandonner la poursuite d'une affaire.
      • Abandonner une cause.
      • Abandonner un projet, un ouvrage.
      • Abandonner ses prétentions, ses droits.

      Il se dit aussi des Facultés, des qualités physiques ou morales, lorsqu'elles viennent à nous manquer.

      • Mes forces m'abandonnent.
      • Son courage, sa prudence, sa présence d'esprit l'abandonna dans cette circonstance.
      • Si la fortune vous abandonne, ne vous abandonnez pas.
      • Vous êtes perdus si vous vous abandonnez.

      signifie encore Exposer, livrer; et, dans ce sens, il est toujours suivi de la préposition À.

      • Abandonner une ville au pillage, à la fureur des soldats.
      • Abandonner un vaisseau à l'orage, au vent.
      • Abandonner à la merci de, à la discrétion de, etc.
      • Abandonner quelqu'un à son caractère, à ses passions.
      • S'abandonner à la débauche, au vice.
      • S'abandonner à la douleur, à la tristesse, aux pleurs.
      • S'abandonner à la foie.
      • Je m'abandonne à vous, à vos sages avis.
      • Abandonner un ecclésiastique au bras séculier, c'était Le livrer au juge laïque, afin qu'il le punît selon les lois.
      • Abandonner une chose, une personne à quelqu'un, Lui permettre d'en faire, d'en dire ce qu'il lui plaira, lui en laisser l'entière disposition, lui laisser une entière liberté à son égard.
      • Abandonner tous ses biens à ses créanciers.
      • Je vous abandonne les fruits de mon jardin.
      • Vous vous plaignez de cet homme, dites-en ce qu'il vous plaira, je vous l'abandonne.

    • Je vous abandonne ce point, Je vous l'accorde, je vous le concède, je renonce à le soutenir, à m'en prévaloir.
    • signifie encore Remettre, confier.

      • J'ai abandonné le soin de mes affaires à un gérant intelligent et probe.

    • S'abandonner à la Providence, Se remettre entièrement entre les mains de la Providence.
    • S'abandonner à la fortune, Laisser aller les choses au hasard.
    • signifie spécialement Se négliger dans son maintien, dans son habillement.

      • Un malade, un vieillard qui s'abandonne.

      Il signifie encore Se laisser aller à des mouvements naturels.

      • Ne vous raidissez pas, abandonnez-vous.
      • Cet acteur ne s'abandonne pas assez.

      Citations

      • « Quand les créatures de Grognon allèrent lui dire le retour de la princesse, et qu’elle soupait avec le roi, elle commença de faire la forcenée ; et courant chez lui, elle lui dit qu’il n’y avait point à balancer, qu’il fallait lui abandonner cette friponne, ou la voir partir dans le même moment pour ne revenir de sa vie ; que c’était une supposition de croire qu’elle fût la princesse Gracieuse ; qu’à la vérité elle lui ressemblait un peu, mais Gracieuse s’était pendue ; qu’elle l’avait vue de ses yeux ; et que si l’on ajoutait foi aux impostures de celle-ci, c’était manquer de considération et de confiance pour elle.  »
      • « Je crois que le gobelet ne pourrait lui sauver la vie, répondit Violent ; car enfin, n’est-il pas horrible qu’un roi ne soit pas maître dans ses états, et qu’il soit contraint d’abandonner un ouvrage qu’il souhaite achever, par l’obstination d’un faquin, qui devrait s’estimer trop heureux de faire sa fortune, en obligeant son maître, sans le forcer à le contraindre, ou à abandonner son dessein.  »
      • « Mais l’histoire naturelle nous apprend qu’une telle organisation animale est observable, et que notre propre vie, pour peu qu’elle soit déjà un peu avancée, n’est pas moins affirmative sur la réalité d’états insoupçonnés de nous autrefois et par lesquels nous devons passer, quitte à les abandonner ensuite.  »
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