Abîme

Définition de « Abîme »

abîme (n. m.) : Gouffre très profond.
  • Affreux abîme.
  • Abîme effroyable.
  • Par un tremblement de terre, un abîme s'ouvrit dans cette plaine.
  • Sonder la profondeur d'un abîme.
  • Il fut précipité dans l'abîme.

Le pluriel s'emploie souvent poétiquement et dans le style soutenu au lieu du singulier.

  • Les abîmes de la mer, de la terre, Les immenses profondeurs de la mer, de la terre.
  • La mer ouvrit ses abîmes et engloutit toute la flotte.
  • La terre s'ouvrit jusqu'au fond de ses abîmes.

Prov. et fig.,

  • L'abîme appelle l'abîme, Un excès conduit à un autre excès, un crime amène un autre crime.
  • Fig.,
    • Un abîme de malheur, un abîme de misère, Un extrême malheur, une extrême misère.
    • Il est tombé dans un abîme de malheur, dans un abîme de misère.

    Fig.,

    • Être sur le bord de l'abîme, Être près de sa ruine, de sa perte.
    • Creuser un abîme sous les pas de quelqu'un, Travailler à le perdre.
    • se dit encore des Choses qui entraînent à une dépense ruineuse.
      • Le jeu, les procès sont des abîmes.

      Il se dit aussi figurément des Choses qui sont impénétrables à la raison, ou qui sont très difficiles à connaître.

      • L'infini est un abîme pour l'esprit humain.
      • La métaphysique est un abîme.
      • Le cœur de l'homme est un abîme.

      Il se dit particulièrement des Secrets et des jugements de Dieu.

      • Les jugements de Dieu sont des abîmes.
      • Les abîmes de la sagesse, de la miséricorde de Dieu.

      Fig.,

      • C'est un abîme de science, C'est un homme extrêmement savant.
      • , en termes d'Écriture sainte, signifie quelquefois absolument l'Enfer.
        • Les anges rebelles ont été précipités dans l'abîme.
        • Le puits de l'abîme.

        Citations

        • « Et soit qu’une arête montagneuse, ou la brume d’une cascade, ou la mer, empêchât de suivre la continuité de la route, visible pour le promeneur mais non pour nous, le petit personnage humain en habits démodés perdu dans ces solitudes semblait souvent arrêté devant un abîme, le sentier qu’il suivait finissant là, tandis que, trois cents mètres plus haut dans ces bois de sapins, c’est d’un œil attendri et d’un cœur rassuré que nous voyions reparaître la mince blancheur de son sable hospitalier au pas du voyageur, mais dont le versant de la montagne nous avait dérobé, contournant la cascade ou le golfe, les lacets intermédiaires.  »
        • « Me voilà pigeon : encore si je pouvais parler, comme parla autrefois l’oiseau Bleu , je volerais si loin et si haut, je chercherais sous tant de climats différents ma chère maîtresse, et je m’en informerais à tant de personnes, que je la trouverais ; mais je n’ai pas la liberté de prononcer son nom ; et l’unique remède qu’il m’est permis de tenter, c’est de me précipiter dans quelque abîme pour y mourir.  »
        • « Dans leur maintien, il n’y a rien pourtant que de bienveillant et de courtois ; mais le rictus asiatique est toujours là, même sur ces physionomies douces et distinguées de la haute classe : il y a un abîme infranchissable entre cette antique Asie, qui vit toujours quand même, et nous qui, nés d’hier, avons tout changé.  »

        Abîme

        Abîme, et plus correctement abysme. C’est le nom qui est donné, dans l’Écriture sainte, 1° à l’enfer, 2° au chaos ténébreux qui précéda la création. (suite)

        Alphabet